Pour tout vous dire…
Des réactions stéréotypées, un rôle dans lequel on m’attend… et je n’y arrive pas, moins qu’avant, mais si peu… je dois réagir, paraît-il… refuser l’inacceptable, dire mon indignation, témoigner… vraiment ? Pour savoir qui je suis, politiquement, sexuellement, socialement, professionnellement, mais je ne sais pas vous dire tout ça… je suis là où j’étais hier… et avant-hier, un peu moins, mais tellement imperceptiblement. Et puis, je ne vous ai pas pris pour compagnons, je n’ai pas accepté de vous laisser entrer chez moi par la porte de l’amitié, je garde toutes ces confidences sur ce que je sais de ce que je suis pour d’autres, qu’est-ce que vous faites là ? Déjà là, je m’indigne et je me sens au théâtre… pourquoi dois-je vous expliquer tout ça pour que vous m’entendiez vous dire “NON” ?
Si je décidais de parler de la façon dont j’aperçois le monde, ça ne serait certainement pas sous l’insistance de vos regards, de vos questions ou de vos sollicitations. Ce serait parce quelque chose au fond de moi m’a fait réagir ou plutôt désirer… avoir envie, ce que vous cherchez depuis toujours à tuer avec vos provocations.
Pourquoi je suis là ? Et bien, je suis arrivée dans ce coin du monde pour me réfugier un jour où, ailleurs, la vie d’alors m’avait malmenée. Personne ne m’a vraiment dit que je n’en avais pas le droit, alors je suis restée. Certains m’ont provoquée pour « savoir qui j’étais » et me faire penser avec insistance que peut-être ce n’était pas ma place… je ne sais pas ce qu’ils ont su de plus sur moi comme cela, mais je suis là désormais, fondue dans le décor. Je crois qu’en dehors de vos sollications de mon entourage, je ne dérange personne autour de moi, alors pourquoi mettez-vous votre grain de sel dans cette situation ?
Vous voulez me forcer à me dévoiler, pour trouver une raison de me faire la guerre. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous aimez la guerre… c’est le sel de vos vies. Vous feriez la guerre pour n’importe quoi, même pour m’imposer le pacifisme s’il m’arrive de me rebeller contre quelque chose qui m’épouvante. J’ai choisi une autre manière d’interagir avec le monde.
Ne m’en veuillez pas, mais je n’ai rien d’autre à vous dire…