Santé

Pour tout vous dire…

Des réactions stéréotypées, un rôle dans lequel on m’attend… et je n’y arrive pas, moins qu’avant, mais si peu… je dois réagir, paraît-il… refuser l’inacceptable, dire mon indignation, témoigner… vraiment ? Pour savoir qui je suis, politiquement, sexuellement, socialement, professionnellement, mais je ne sais pas vous dire tout ça… je suis là où j’étais hier… et avant-hier, un peu moins, mais tellement imperceptiblement. Et puis, je ne vous ai pas pris pour compagnons, je n’ai pas accepté de vous laisser entrer chez moi par la porte de l’amitié, je garde toutes ces confidences sur ce que je sais de ce que je suis pour d’autres, qu’est-ce que vous faites là ? Déjà là, je m’indigne et je me sens au théâtre… pourquoi dois-je vous expliquer tout ça pour que vous m’entendiez vous dire “NON” ?

Si je décidais de parler de la façon dont j’aperçois le monde, ça ne serait certainement pas sous l’insistance de vos regards, de vos questions ou de vos sollicitations. Ce serait parce quelque chose au fond de moi m’a fait réagir ou plutôt désirer… avoir envie, ce que vous cherchez depuis toujours à tuer avec vos provocations.

Pourquoi je suis là ? Et bien, je suis arrivée dans ce coin du monde pour me réfugier un jour où, ailleurs, la vie d’alors m’avait malmenée. Personne ne m’a vraiment dit que je n’en avais pas le droit, alors je suis restée. Certains m’ont provoquée pour « savoir qui j’étais » et me faire penser avec insistance que peut-être ce n’était pas ma place… je ne sais pas ce qu’ils ont su de plus sur moi comme cela, mais je suis là désormais, fondue dans le décor. Je crois qu’en dehors de vos sollications de mon entourage, je ne dérange personne autour de moi, alors pourquoi mettez-vous votre grain de sel dans cette situation ?

Vous voulez me forcer à me dévoiler, pour trouver une raison de me faire la guerre. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous aimez la guerre… c’est le sel de vos vies. Vous feriez la guerre pour n’importe quoi, même pour m’imposer le pacifisme s’il m’arrive de me rebeller contre quelque chose qui m’épouvante. J’ai choisi une autre manière d’interagir avec le monde.

Ne m’en veuillez pas, mais je n’ai rien d’autre à vous dire…

Herboristerie en France, l’héritage de la collaboration

Les plantes ont été utilisées pour soigner depuis la nuit des temps dans de nombreuses civilisations (aborigènes d’Australie, Egypte ancienne, civilisations greco-romaines, Mésopotamie, etc.). On retrouve certaines d’entre elles en usage partout dans chacune de ces civilisations : la myrrhe (Commiphora myrrha), encens (Boswelia carterii), myrte (Myrtus communis) et cannelle (Cinammomum verum), d’après Pascale Gelis Imbert.

Les plantes étaient traditionnellement utilisées en onguent et en fumigation (sous la forme d’encens). La fumigation est l’ancêtre de la diffusion sous forme d’huiles essentielles. La première distillation d’huile essentielle semble être dûe à un médecin perse Avicenne (Ibn Sina), autour de l’an 1000. Ce serait le premier à avoir distillé l’huile essentielle de Rosa Centifolia.

Au Moyen-Âge, l’école de médecine de Salerne (Italie) s’est mise à enseigner et promouvoir la phytothérapie. Charlemagne au IXème siècle, a donné, au travers du capitulaire de Villis (acte législatif), un ordre aux gouverneurs de provinces de prévoir la culture d’arbres et de plantes médicinaux. Cela resta cependant pendant longtemps l’apanage des moines dans les monastères. Les huiles essentielles furent utilisées pour lutter contre les odeurs pestilentielles (de la peste) et, peut-être plus ou moins consciemment, comme antiseptique par les médecins en contact des malades de la peste.

Au XVIème siècle, Paracelse, un médecin suisse vu comme le père de la toxicologie, fut le premier à tenter de démontrer scientifiquement l’effet des plantes sur la santé.

La phytothérapie et l’herboristerie furent remis en question au XIXème siècle, à partir de la Révolution Industrielle. En effet, dans cette période, l’humanité devint capable d’extraire des plantes et de synthétiser des molécules médicinales : morphine, extraite de Papaver somniferum, aspirine et dérivés salicylés, extraits de Salix alba, digitaline (hétéroside cardiotonique), extraite de Digitalis purpurea, colchicine (alcaloïde anti-inflammatoire et antimitotique), extraite de Colchicum autumnale, acide phénique, utilisé dans les blocs opératoires par le baron Joseph Lister, chirurgien britannique, comme antiseptique et ayant fait chuter drastiquement la mortalité des patients opérés. Ces molécules extraites ou synthétisées furent préférées de plus en plus fréquemment aux plantes utilisées dans leur totum.

A la même époque, apparaît dans la médecine occidentale l’idée d’une division entre le corps et l’esprit. Le corps est de plus en plus considéré comme un système autonome de l’esprit et même comme un ensemble de petits systèmes autonomes, dont la médecine s’occupe de façon dissociée.

La seconde guerre mondiale et la collaboration en France donnent un coup de grâce à l’herboristerie. En 1941, le maréchal Pétain interdit le diplôme d’herboriste. Seuls les pharmaciens sont désormais habilités à dispenser des plantes dites “médicinales”.

Quelques esprits précurseurs ont malgré tout continué la recherche expérimentale sur les huiles essentielles, domaine qui continue d’avoir une certaine popularité aujourd’hui. Parmi eux, figurent René-Maurice Gattefossé qui a développé l’aromathérapie scientifique, après avoir expérimentalement découvert l’extraordinaire efficacité de l’huile essentielle de lavande sur une brûlure grave et Pierre Franchomme qui a développé la notion de chémotype des huiles essentielles.

Nous vivons toujours aujourd’hui avec l’héritage légal du régime de Pétain au sujet de l’herboristerie. Serait-il temps de le remettre en question pour faire de nouveau de l’herboristerie un domaine vivant et le plus largement partagé possible ? On peut se rappeler que limiter la pratique de l’herboristerie aux pharmaciens limite sa promotion et son utilisation puisque le nombre de pharmaciens est limité par la législation à 1 pour 2500 habitants en France Métropolitaine.

D’après le livre de Pascal Gélis Imbert, Mon grand manuel des huiles essentielles.