Démocratie

Satanisme, la vie à l’envers

Le satanisme est une idéologie dont les racines remontent à quelques siècles avant le début de l’ère chrétienne.

Un rapport de la Miviludes de 2011 [1] nous détaille la vision française, institutionnelle et universitaire, de ce mythe et des idéologies qui en découlent. Voici, ci-dessous, une synthèse de quelques éléments que j’ai trouvé pertinents par rapport à la situation politique actuelle et à mon expérience, que je décris en partie ici, croisée avec quelques appréciations personnelles (en jaune).

Le « satan » comme symbole de la mise à l’épreuve divine

L’idée de « satan » servant le Mal, en étant chargé d’accuser, de tester et de mettre des obstacles aux Hommes, serait issue d’une vision mazdéiste (perse) du monde dans laquelle le Bien et le Mal sont deux entités autonomes. Cette vision aurait largement imprégné les imageries bibliques de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dans la conception hébraïque, au départ un symbole, le « satan » représente celui qui met l’homme à l’épreuve. L’exemple-type de cette vision des choses est l’histoire de Job, homme pieux par excellence, que Yahvé fait souffrir au travers d’un de ses anges, pour éprouver son amour et sa fidélité. Le « satan » est aussi censé être une métaphore des ennemis politiques des croyants.

On est donc dans une vision théocratique de la politique, mais aussi, déjà à cette époque, dans une vision manichéenne.

La personnification de Satan dans le judaïsme

Petit à petit, l’idée de « satan » évolue pour les juifs, pour en faire un personnage autonome instigateur du Mal. C’est au sein des sectes juives (dont le christianisme) que Satan est personnifié, à partir du IIème siècle avant JC. Il s’agirait d’une réaction désespérée des théologiens face à la situation politique d’alors, qui se seraient rabattus sur une mythologie du combat entre le Bien et le Mal, pour pouvoir se projeter dans des visions prophétiques de victoire du Bien contre le Mal.

On serait donc passé d’une idée symbolique, plutôt saine à mon sens, à un personnage avec une volonté propre qui doit affronter Dieu. Ce passage serait le résultat d’un mécanisme de défense psychologique pour continuer à croire en Dieu face à l’inextricable en politique.

La personnification du Mal dans la religion chrétienne

Dans le Nouveau Testament, on parle aussi bien du Diable (étymologiquement, « celui qui divise »), de Belzébuth, de Lucifer que de Satan. Dans l’Apocalypse selon Saint-Jean, Dieu est à la tête d’armées divines qui s’opposent aux forces diaboliques, placées sous la houlette d’une bête, marquée du chiffre 666, censée représenter l’Homme sans Dieu. Dans cette vision du monde, l’Homme non-croyant est donc censé être un satanisme. Satan est aussi l’explication de la souffrance physique et morale des Hommes et dédouane Dieu de cette responsabilité. Dieu est toutefois vu comme omnipotent, la conception dualiste entre le Bien et le Mal est rejetée à cette époque par les premiers chrétiens.

La vision dualiste est soit-disant rejetée. Pourtant, contrairement à la vision d’origine dans laquelle le « satan » représente une mise à l’épreuve de l’homme, Dieu est une conscience dénuée d’intention mauvaise, idéalisée et la bête est uniquement une puissance de destruction. Par ailleurs, le non-croyant représente le Mal, quoi qu’il fasse et le croyant le bien, dans une forme de pureté idéalisée. Nous ne sommes plus vus comme des êtres complexes et ambivalents, mais comme des individus qui se divisent en deux camps, un légitime et l’autre non, clarifiant l’idée d’une légitimité à persécuter des personnes au nom de Dieu.

Par ailleurs, la représentation du Mal au moyen d’une série de chiffres 6 peut surprendre, sachant qu’il s’agit d’un multiple (6 ou 12) qu’on retrouve facilement dans la nature, qui n’a rien de moins normal ou naturel que les chiffres 5 ou 10, qui nous semblent probablement plus naturels que d’autres parce qu’ils correspondent au nombre de doigts de nos mains. Les sumériens comptaient plutôt leurs phalanges que leurs doigts. Ils arrivaient à un comptage en base 12 en comptant les phalanges des 4 doigts opposés au pouce, avec leur pouce [2].

Par ailleurs, on retrouve le chiffre 12 dans les mois de l’année, qui correspondent à 12 (voire 13 cycles lunaires) par an. On observe aussi que la définition des sons de la gamme naturelle à partir de fréquences de base multiples de 6 aboutit à des constructions arithmétiquement plus naturelles (cf. article sur l’étalonnage du La en musique).

Le chiffre 12 reste par ailleurs une manière assez fréquente de définir des unités d’achat : douzaine d’œufs, carton de 6 bouteilles, etc. On le retrouve aussi dans la Bible avec les 12 apôtres ou dans la manière de définir les heures et les minutes ou encore les angles sur le cercle.

Pourquoi donc l’usage du chiffre 6 ou de son multiple 12 serait-il un héritage du Mal ou de l’Homme sans Dieu ? On voit déjà naître une ambiguïté vis-à-vis de ce qui sort de la nature qui devrait être « diabolisé », comme si l’Homme (avec la référence à son nombre de doigts) était créature de Dieu, contre la nature, qui utilise bien volontiers aussi la référence du nombre 6 dans ses constructions. La nature serait-elle plus diabolique que l’Homme ?

On sent apparaître un peu de confusionnisme sur le sujet !

La vision manichéenne du Bien et du Mal

Quelques sectes chrétiennes dites « gnostiques » voient également le jour dans les deux premiers siècles après J-C. Elles sont basées sur une vision manichéenne du Monde. Comme l’indique le rapport de la Miviludes, le manichéisme est une « doctrine religieuse née des prédications du Mésopotamien Mani (216-276) » et elle « postule la coexistence et l’antagonisme de deux principes incréés : le Bien et la Lumière, personnifiés par Dieu, et le Mal et la Matière, par Satan. La terre et les hommes ne sont que le fruit de l’affrontement entre ces deux principes, Satan ayant créé les hommes pour disperser sans fin la lumière volée au royaume de Dieu et Dieu ayant créé la terre pour récupérer son dû. »

Pour ces sectes, « la terre, lieu de souffrance et de douleurs, ne peut être le fruit de la création d’un dieu bon et miséricordieux ; ce monde est voulu et modelé par des esprits mauvais et puissants (Sammaël, Ialdabaoth, un Yahvé maléfique). En d’autres termes, les croyants qui vouent un culte au Dieu créateur sont dans l’erreur : il leur faut chercher, à l’aide de la gnose, la véritable identité de Dieu. Cette approche et ses chantres sont rapidement critiqués et rejetés du canon doctrinal officiel de l’Église catholique pour être vilipendés et étiquetés comme des agents de Satan. S’ils ne vouent aucun culte à l’être opposé à Dieu tel qu’on les en accuse, il faut néanmoins souligner que, par leur refus d’adorer le Créateur, ils préfigurent les sectes lucifériennes contemporaines. »

On voit apparaître avec le manichéisme l’idée de « lumière » divine que l’Homme devrait s’approprier, dans une lutte contre Dieu. Plutôt que d’adorer Satan, ils font le choix de lutter contre Dieu dans une tentative d’autonomie de l’Homme vis-à-vis d’un Dieu vu comme tyrannique.

On voit naître aussi en parallèle l’idée d’une culpabilité ou d’une infériorité à vivre « dans la matière », c’est-à-dire à travailler la terre, le bois, la farine, etc. par rapport à celui qui vit dans la Lumière de Dieu au travers de l’abstraction, qu’on retrouve paradoxalement dans le monde très matérialiste dans lequel nous vivons aujourd’hui. Les métiers manuels restent dévalorisés par rapport aux métiers intellectuels.

La vision du Mal dans l’islam

L’islam, quant à elle, née au VIIème siècle après J.-C., représente le Mal par un ange déchu, Al Chaytan ou Iblis, rejeté par Allah pour avoir refusé de se prosterner devant l’être de terre Adam. Il ne personnifie pas le Mal, mais se contente d’être un djinn subversif, qui pousse les hommes à désobéir à Allah, dans une vision qui ressemble un peu à celle du judaïsme des origines, comme un levier de mise à l’épreuve de l’humain.

Les djinns, vus comme ces entités prenant le pouvoir sur l’esprit de certaines personnes en les poussant à commettre des actes irréfléchis, suscitent une grande frayeur dans l’Islam populaire, donnant lieu à des pratiques d’exorcisme d’origine préislamique, fortement décriées par les théologiens musulmans.

Dans le judaïsme des origines et dans celui de certaines sectes juives encore présentes au Moyen-Âge, comme dans l’islam, Satan est donc représenté de façon métaphorique, comme une créature de Dieu, n’ayant qu’un rôle secondaire. Il s’agit d’une vision éloignée du dualisme entre le Bien et le Mal mis en avant par le christianisme et par le manichéisme. Il semblerait que l’islam essaie plus volontiers de vivre avec l’idée que le Mal fait partie de la vie et suscite des mises à l’épreuve quotidiennes des Hommes par des tentations, que chacun doit gérer en son âme et conscience.

La diabolisation du Mal

Les « hérésies » chrétiennes inspirées du manichéisme (comme par exemple le catharisme), ainsi que les événements apocalyptiques du Moyen-Âge dans l’Occident chrétien (famines, peste noire, guerres sans fin, etc.) conduisent à une croyance ferme en un Diable puissant et maléfique, s’insinuant dans le monde des hommes. Des obsessions au sujet du Diable apparaissent au Moyen-Âge et se radicalisent aux XIIème et XIIIème siècles, donnant lieu à une répression religieuse (croisade contre les Albigeois, contre les « sarrasins », pogroms contre les juifs…) et une « chasse aux sorcières » contre les rites païens, sans précédent. L’Inquisition et les prêtres exorcistes sont mis en place pour chasser les « suppôts de Satan ». L’Église se considère comme seule détentrice de l’orthodoxie religieuse. Ces vagues meurtrières reposent sur l’interprétation souvent abusive d’hommes d’Église, de propos hallucinatoires arrachés de force ou non à des individus souvent miséreux, souvent des femmes pauvres et âgées, souvent illettrées, qui pratiquaient une forme de syncrétisme entre christianisme et pratiques traditionnelles.

Paradoxalement, l’Église catholique, par son action, donne alors toute sa puissance au terme « diable » : celui qui divise et fragmente la société en refusant l’apport spirituel des visions ancestrales et traditionnelles de Dieu, dans une tentative d’uniformisation de la pensée hégémonique.

Cette peur viscérale du Diable du Moyen-Âge va s’atténuer à partir du XIVème siècle et laisser place à une attitude plus sceptique et moins persécutrice. Il faut toutefois attendre 1682 pour que le crime de sorcellerie soit abrogé en France.

Une approche « inversée » du Mal – Les premiers cultes satanistes

A partir de la fin du XVIème siècle, se développe une forme de fascination pour l’idée de Satan, être protéiforme représentant les interdits sociaux, métaphore du révolté séduisant, romantique : un syndrome psychopathologique conduisant à une mystification par les artistes et les intellectuels à destination des individus déçus par le christianisme. A partir du XVIIème siècle, des membres de la cour royale (l’abbé Guibourg et sa compagne) jettent les principes d’un culte sataniste, construit comme l’antithèse du christianisme. Les rites sont construits en copiant et inversant les pratiques chrétiennes. Par exemple, on commence la liturgie en récitant une messe où les termes « Dieu » et « Bien » sont remplacés par leurs opposés, « Satan » et « Mal ». S’ensuivent des pratiques sexuelles et sacrificielles sauvages : « la cérémonie commence avec le sacrifice d’un enfant au moment où le célébrant offre l’hostie afin que le sang soit mêlé à celui du calice. L’offrande est faite aux démons Astaroth et Asmodée, réputés propices à l’apparition du diable. A partir de ces premiers faits satanistes, de nombreux mouvements claniques se mettent en place. Satan devient la représentation d’un conscience supérieure délivrée du joug de la morale et de la religion.

Les mouvements satanistes, qualifiés de « claniques », semblent donc nés d’une opposition au totalitarisme de la chrétienté au Moyen-Âge. Ils se sont construits sur des principes d’opposition systématique à la logique divine, qui pourraient faire sourire, si nous arrivions à nous dire qu’ils n’ont pas eu de répercussions dramatiques.

Une vision métaphorique du Mal

Au XVIIème siècle, cette nouvelle popularité de Satan reste toutefois relative. En parallèle, les guerres de religions s’arrêtent progressivement et la science prend du pouvoir intellectuellement. Le Siècle des Lumières jette les bases de la « raison éclairée » et définit de nouvelles valeurs partagées (tolérance, liberté, séparation des pouvoirs), issues de la révolution française.

L’utilisation répétée du terme « Lumière » rappelle toutefois que la vision manichéiste de la société n’est pas bien éloignée de la philosophie des Lumières. Il s’agit de ne pas se laisser faire par Dieu et d’acquérir sa liberté face à sa tyrannie représentée par le pouvoir royal, hérité par la descendance et donc considéré comme de droit divin. Peut-être aurions-nous pourtant pu changer cette règle d’héritage du pouvoir, sans passer par un rejet (apparent au moins) de Dieu dans la société.


Au XIXème siècle, les romantiques reprennent l’idée déjà avancée d’un Diable peut-être pas physiquement présent dans le monde, mais dont la présence se traduit par l’expression des sentiments humains, notamment le mal de vivre, qui nourrit la littérature romantique, à l’image de l’archétype du spleen baudlérien. Le poète « maudit » traduit dans ses vers l’ennui, la tristesse et une véritable pulsion de mort, qui cohabitent avec une force de vie d’essence divine. Il commence à apparaître une vision du monde opposant l’idéal et le spleen, la vie et la mort, Dieu et Satan.

Derrière cette vision du monde, on commence aussi à apercevoir des forces de vie et de mort qui influent sur les sentiments humains, comme si elles étaient capables de prendre le pouvoir sur le ressenti du corps et sur la pensée. Nous assumons de mieux en mieux que par l’invisible nos pensées et nos ressentis sont influencés et que, de ce fait, acquérir une liberté de penser nécessite un vrai travail intellectuel et émotionnel de détachement de nos pulsions.

Les visages du Diable décrits par les romantiques sont contradictoires et complémentaires. Pour certains, Satan est un symbole de liberté et de révolte, le Prométhée rebelle qui encourage à s’émanciper des carcans sociaux et de la finitude de la condition humaine. Victor Hugo décrit le « regard prodigieux » de Dieu sur une plume de l’aile de Satan, qui donne naissance à la Liberté, incarnée par une femme « éclairant l’infini d’un sourire innocent ».

Cette fois-ci, nous sommes devant une association d’idées entre la Lumière, l’innocence, la femme et la Liberté, avec un Dieu sataniste, qui délivre l’Homme. Il y a de quoi se perdre un peu…

Prométhée enchaîné avec l’aigle ; à gauche son frère Atlas (Kylix laconien à figures noires du peintre Arcésilas de Cerveteri, vers -560/-550, Musée du Vatican, Rome), source Wikipédia. Dans la mythologie grecque, Prométhée est surtout connu pour avoir dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains. Courroucé par cet acte déloyal, Zeus le condamne à être attaché à un rocher sur le mont Caucase, son foie dévoré par l’Aigle du Caucase chaque jour, et repoussant la nuit. Plusieurs éléments de sa légende tels que son châtiment semblent avoir été empruntés par les Grecs aux légendes du Caucase. Source : Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Prom%C3%A9th%C3%A9e

Pour d’autres, Satan incarne la noirceur de l’homme et ses défauts. Le romantisme noir, aussi appelé « gothique », est un mouvement littéraire apparu à la fin du XVIIIème siècle, qui regroupe des auteurs de plusieurs nationalités autour des thématiques de la mort, de l’occultisme, de la provocation… Satan est le Prométhée enchaîné et dévoré par les remords, métaphore de l’esclavage humain au Mal et à la douleur.

D’autres écrivains romantiques recourent au Satan mythique comme figure littéraire pour interroger la place du Mal dans le monde et son essence humaine, à des fins moins religieuses que philosophiques.

Une vision psychopathologique du Mal

On commence en parallèle à expliquer les phénomènes de possessions, non pas comme l’œuvre d’un démon contrôlant le corps et terrorisant sa victime, mais plutôt comme une pathologie psychologique individuelle trouvant son explication dans un phénomène de trouble de la personnalité (schizophrénie, épilepsie, hystérie, paranoïa). Les personnes concernées sont considérées comme malades psychiatriquement. La fonction de prêtre exorciste est redéfinie et ceux-ci se trouvent la plupart du temps obligés de travailler avec des solutions médicales à ces pathologies (ou manifestations, selon ce que l’on pense de ces phénomènes).

Le Diable est théorisé en psychanalyse par Freud et Jung. Freud le voit comme le double-symbole de la noirceur du père et des interdits individuels et sociaux. Il voit dans les cas de possessions avec une sexualité évoquant le Diable un exutoire névrotique au refoulement de la sexualité par la religion, très répressive dans ce domaine. Cette frustration sexuelle est selon lui génératrice des hallucinations et possessions observées. Jung voit le Diable comme une intériorisation psychologique pouvant engendrer des réactions pulsionnelles (peur, rébellion, séduction) face aux interdits.

La vision de Freud du Mal apparaît comme moins distancée, plus caricaturale, plus sexualisée et plus violente que celle de Jung. La théorisation du rôle du père et de la mère en particulier est très marquée socialement par le milieu bourgeois et la vision patriarcale de la société. Pourquoi les interdits individuels et sociaux sont-ils l’apanage du père ? Pourquoi le Diable est-il vu comme se manifestant plus particulièrement dans l’opposition au père ? Pourquoi les femmes ne peuvent-elles a priori tenir aucun rôle dans l’éducation à la loi et la morale ? Par ailleurs, pourquoi les cas dits de « possessions » diaboliques, c’est-à-dire des symptômes, des réactions et des manifestations inexpliquées par la science, qu’on attribue quasi exclusivement aux femmes, sont-ils vus quasi systématiquement comme l’expression d’une sexualité refoulée ?

La vision de Jung me paraît plus nuancée, moins dualiste et moins sexuée. Elle reconnaît l’idée de pulsion qui pousse le corps et les émotions dans une certaine direction sans que l’individu en soit maître. Elle a malheureusement moins fait école dans notre société.

Depuis, d’autres approches psychopathologiques ont rapproché le Diable et le comportement de l’adolescent et font un lien avec son opposition au père. D’après le psychologue clinicien français, Christophe Allanic, le jeune qui s’identifie au Diable « provoque les adultes et se persuade que le plaisir sans entrave qu’il a connu dans la vie fœtale est encore possible ». D’autres analystes préfèrent parler d’un « retour du refoulé » pour parler de la fascination qu’ont certains jeunes pour le « Prince des Ténèbres », la société ayant chassé la mort au rang des tabous sociaux.

La vision contemporaine catholique du Mal

La chrétienté voit aujourd’hui deux visions du Mal se côtoyer en son sein : les uns pensent le Diable omniprésent dans la société (médias de masse, idéologies politiques « totalisantes », pornographie, pédophilie, homosexualité, contraception, avortement). D’autres théorisent son inexistence en arguant d’une mauvaise interprétation des Écritures Saintes. Les représentants catholiques ont opté pour la voie tracée par le concile de Latran IV en 1215 : le diable et autres démons ont été certes créés par Dieu, naturellement bon, mais ce sont eux qui se sont rendus mauvais.

On est encore dans l’ambiguïté des origines du christianisme, avec une idée dualiste de séparation du Bien et du Mal, tout en considérant que le Bien reste plus puissant que le Mal.

La dénonciation, prétendue par la Miviludes, par la chrétienté des idéologies totalisantes (c’est-à-dire prétendant détenir une vérité universelle) est difficile à entendre, voire paraît de mauvaise foi, tant que les chrétiens ne font pas d’abord leur auto-critique, au moyen d’une analyse rétrospective sur les intentions totalisantes du christianisme lui-même au cours des siècles passés.

La vision sataniste contemporaine du Mal

C’est sur le terreau anti-chrétien et anti-égalitaire des premiers cultes satanistes, datant du XVIIème siècle, que se développe un néo-satanisme. Il s’agit d’un courant philosophico-religieux institutionnalisé, patchwork de mythes, de croyances et de pratiques d’origines diverses (paganisme, christianisme, gnosticisme, hérésies).

Les théoriciens du satanisme s’appuient sur un certain nombre de théories, les traitant avec beaucoup de liberté, voire les dévoyant. Notamment, l’évolution des espèces théorisée par Darwin sert d’appui à une théorie dite de « darwinisme social », selon laquelle « les différences entre les individus, les peuples ou les sociétés seraient fondées sur des divergences biologiques. Ces disparités biologiques auraient pour incidence de rendre certaines « races » supérieures par rapport aux autres : les plus fortes dominant les plus faibles, celles-ci disparaissant peu à peu. Les guerres, les activités coloniales, les inégalités sociales, l’eugénisme ne seraient que l’expression de cette sélection naturelle à échelle humaine ».

Aujourd’hui, le satanisme devient donc une idéologie qui fait la part belle à des logiques soit-disant naturelles, avec l’acceptation d’une bestialité assumée de l’être humain censé obéir à un darwinisme social. Au delà de son interprétation très contestable des logiques de la nature laissant apparaître l’idée de « race », le satanisme moderne semble dire que la culture et l’éducation n’auraient pas de rôle à jouer dans la construction des sociétés humaines.

Le satanisme s’appuie également sur la philosophie de Friedrich Nietzsche pour légitimer les comportements individualistes des puissants et des forts. Nietzsche a bâti sa pensée autour du concept de « volonté de puissance », que le satanisme reprend et travestit : chaque individu posséderait une force d’expansion intrinsèque, qui le conduirait à mettre en pratique des actions agressives et brutales dans le seul but d’exposer sa puissance. À ce titre, seuls les surhommes, les individus les plus parfaits ayant dépassé leur condition, sont appelés « à siéger au sommet de l’espèce humaine et de la société afin d’assurer la domination du seigneur sur le troupeau d’esclaves ». Chez Satan, « bénis soient les forts » et « maudits soient les faibles ».

Le satanisme donne l’impression d’un immense confusionnisme dont le but est que plus rien ne puisse être pensé sereinement, tant le nombre de théories et le nombre de contradictions entre ces théories est important, ce qui nous laisse intellectuellement épuisé avant même d’avoir cherché à contre-argumenter. Par ailleurs, les valeurs les plus essentielles pour vivre ensemble sur cette planète que sont la solidarité et le partage sont niées, comme si elles ne devaient même plus être à l’ordre du jour. Le satanisme revendique carrément l’esclavage moderne.

Le phénomène sataniste contemporain

Aujourd’hui, pour désigner les pratiques satanistes, on parle de « culte », c’est-à-dire de groupes d’individus qui vénèrent ce qu’ils considèrent être une entité supérieure, appelée Satan ou Lucifer, que les autres systèmes de croyances, juifs et chrétiens, présentent comme la personnification du Mal.

Les auteurs du rapport distinguent :

– les fondamentalistes, revendiquant et pratiquant un satanisme doctrinal, dit « pur »,

– les adeptes qui bricolent des alliages de dogmes multiples et de pratiques parfois assez éloignées de la doctrine, notamment par le fait qu’ils s’opposent moins à la chrétienté, qu’ils connaissent mal.

Ils distinguent également :

– les « Lucifériens », adeptes du « porteur de lumière », qui arguent que Lucifer est un être bien plus positif que Satan,

– les « Sataniques », qui se rattachent en général aux enseignements laveyens.

Les deux courants se réunissent sur la dénonciation d’un Dieu « créateur » et « démiurge », ennemi et bourreau des Hommes.

Lucifer, dans la mythologie chrétienne, est décrit comme un ange ayant choisi de se révolter contre Dieu, par orgueil et pour apporter le savoir et la connaissance aux Hommes, qui aurait été précipité dans l’abîme. Dans certains pays d’Amérique latine, des croyances font de lui le régent et le gardien de la Terre et des Hommes. Parmi les « lucifériens », le rapport de la Miviludes citent trois principaux courants de pensée :

– les gnostiques, qui mettent l’accent sur la dualité de l’univers et sur le caractère maléfique de Dieu, appelé le « Démiurge » ;

– le schisme de l’évêque italien de Cagliari, dont les disciples étaient opposés au courant de pensée chrétien fondé par Arius au IVème siècle, l’« arianisme » ;

– le luciférianisme traditionnel, dans lequel Lucifer est défini comme une personnification de la sagesse et de la connaissance, déchu par Dieu pour avoir apporté la connaissance aux Hommes, la “connaissance” correspondant très probablement à la capacité à lire l’occulte ;

– le wiccanisme, dont les tenants se disent héritiers des sorcières et des sorciers brûlés sur les bûchers, mouvement fondé au milieu du XXème siècle par le britannique Gardner, ancien fonctionnaire douanier passionné d’occultisme.

La Wicca réalise un synchrétisme de diverses croyances païennes et occultes pour définir une philosophie libertaire et écologique, centrée autour d’une double divinité, féminine et masculine (Lilith et Lucifer). Au contact des « lucifériens » avec Wicca s’est réalisé en France dans les années 1970, au point que les deux branches ont quasiment fusionné. La doctrine luciférienne wiccane place la sexualité au centre des pratiques et des dogmes, notamment de la cérémonie de baptême. Il y aurait aussi une exigence financière importante dans ce genre de groupes.

Les enseignements laveyens sont ceux d’Anton Szandor LaVey, un américain né à Chicago en 1930 et auteur de l’ouvrage La Bible Satanique, publié en 1969. Ils reposent sur la croyance dans l’ego et l’individualisme, ainsi que l’indulgence vis-à-vis des plaisirs terrestres. Il proclame l’an premier de l’ère satanique le 30/04/1966, pendant la nuit de Walpurgis, au départ rite païen censé célébrer la fin de l’hiver. Anton Szandor LaVey prône la totale liberté des hommes de ne pas suivre les dogmes religieux ni de vénérer aucune divinité et d’être leur propre dieu. L’adhésion à l’Eglise de Satan qu’il a fondée est faite une fois, pour la vie entière. Elle est aujourd’hui vue comme une référence par les sataniques, qu’ils la copient ou s’en démarquent.

La deuxième grande Église satanique est celle du « Temple de Seth », née d’un schisme avec le credo dominant, fondée en 1974 par Michael Aquino, lieutenant de l’armée américaine, spécialiste de la guerre psychologique et qui apparaît un peu délirant dans la description qu’en fait le rapport de la Miviludes. Seth aurait chargé Aquino d’offrir aux hommes les outils pour devenir eux-mêmes des dieux. Cette Église fait l’objet de critiques dénonçant sa connivence avec des mouvances occultistes extrémistes et des mouvements politiques proches du fascisme ou du néo-nazisme.

Dans les deux cas (Eglise de Satan ou Temple de Seth), l’organisation est très hiérarchisée, avec des grades, fonction d’un degré de compétence ou d’investissement dans l’organisation de l’Église.

Le rapport de la Miviludes signale l’existence d’une fédération sataniste de France, qui cherche à fédérer les satanistes isolés et à faire entendre sa conception de l’histoire des religions et le regard qu’il faudrait porter sur les trois grands monothéismes, notamment ses positions anti-islam.

D’après la Miviludes, le cœur doctrinal des pratiques satanistes « à la française » est la critique virulente de l’ordre social existant et de l’idée d’aide aux plus démunis. La finalité reste d’après eux libertarienne, avec une réduction drastique du rôle de l’État, conduisant à un fonctionnement clanique de la société. Le rapport souligne le caractère « adolescent » de ces mouvements, qui utilisent le style gothique et la musique métal comme signes de ralliement, dans un univers culturel faisant référence de façon récurrente au Mal, au sexe (prônant notamment le viol des femmes et des enfants) et à la mort (évoquant le découpage de la chair, notamment).

La culture Goth naît dans les années 1970, se reconstruisant a posteriori une référence au peuple Goth, ayant envahi l’Empire romain et à l’art gothique, qui s’oppose à l’art roman. Elle s’identifie donc à une idée de marginalité et d’opposition aux courants politiques et architecturaux dominants en Europe. Les Goths furent un des premiers peuples envahisseurs à se convertir au christianisme, donnant naissance une des premières hérésies du christianisme, l’« arianisme », qui visait notamment à marquer une différence entre les Romains et les « barbares ».

Il est malheureusement moins question de l’influence des deux grandes Églises américaines en France, qui d’après le rapport, seraient moins inquiétantes dans leurs pratiques que les mouvements satanistes autonomes. L’Église de Satan est présentée comme une église chrétienne « à l’envers », « copie inoffensive du culte chrétien inversé ». Les auteurs avouent toutefois à demi-mots que l’Église de Satan a parfois des pratiques qui peuvent s’apparenter à des dérives sectaires. « Ainsi, les principales cérémonies de l’Église de Satan – baptêmes, mariages et funérailles – ne sont pas des prétextes à des pratiques sexuelles collectives ou à la mise en pratique du rituel de destruction. » Qu’en est-il des autres ?

Si ces deux Églises avaient infiltré les institutions, on obtiendrait probablement le même résultat dans un rapport écrit pour le compte d’une instance ministérielle de contrôle des sectes. Cela interroge en tout cas, à la lecture.

Par ailleurs, les « démons » sont décrits comme des forces occultes (p. 65), dans une forme de confusion avec le pouvoir de l’occultisme sur les comportements.

La fin du rapport ressemble à un message de vigilance mais aussi de propagande pour dire que l’État fait toujours les choses au mieux. Il est mentionné que certains groupes sectaires aux pratiques sacrificielles particulièrement cruelles ne peuvent pas être infiltrés (p. 72) et donc ne sont pas démantelés. Je ne sais pas comment la Miviludes arrive à justifier de tels propos !

Conclusion

On aperçoit les effets de cette doctrine sataniste « à l’envers » sur la société moderne, notamment au travers de l’occultisme, pratiqué par certains « à l’envers » de la logique collective ou de la logique divine, pour soit-disant gagner du pouvoir sur les autres ou sur une situation.

On peut penser que c’est cette logique inversée d’une société marchant sur la tête, qui a été dénoncée par la vague de panneaux d’entrée de ville posés à l’envers depuis fin 2023 dans un certain nombre de communes dans toute la France, dont voici quelques traces photographiques ci-après. Ces retournements de panneaux ont été médiatiquement attribués à la colère des agriculteurs, dont le mouvement social a éclaté en janvier 2024, c’est-à-dire bien après le début de cette campagne de retournement de panneaux, qui a également duré bien après la fin du mouvement, en mars 2024 (cf. Wikipédia). On peut donc s’interroger sur ce qu’ils révèlent, probablement pas un malaise limité aux seuls agriculteurs. La fixation des panneaux, par ailleurs parfaitement normale, laisse penser que des équipes municipales ou des services d’entretien des routes sont intervenus pour réaliser l’opération.

Ne serait-ce pas là plutôt l’expression d’un malaise sociétal grandissant lié à l’emprise sataniste sur la société et en particulier sur la politique ?

Crédit photo : Aurélie Bousquet, 07/01/2024
Source Le Monde, 30/11/2023, Crédit photo : Quentin Top/Hans Lucas

Références

[1] Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires, Le satanisme : un risque de dérive sectaire, La Documentation Française, décembre 2011, https://www.miviludes.interieur.gouv.fr/publications-de-la-miviludes/guides/le-satanisme-un-risque-de-d%C3%A9rive-sectaire

[2] https://l-express.ca/des-10-doigts-de-la-main-au-chiffre-12/

Mettre ses mains dans le vibratoire puis dans l’occulte pour bouleverser l’Ordre

NB : Cet article est un témoignage et donne une vision partiale des choses : la mienne… Je me la suis construite par mon expérience, plutôt douloureuse, du sujet que j’essaie d’aborder ici. Je n’ai donc pas de références sur lesquelles m’appuyer, puisqu’il s’agit encore d’un sujet discret, voire tabou. Je prends le risque de donner ma vision, mais n’attends pas autre chose qu’une contradiction constructive si vous ne partagez pas mon point de vue, en restant poli et respectueux, svp…

J’ai « mis les mains » pour la première fois dans le « vibratoire » il y a quelques années, fin 2019, à l’occasion d’une formation donnée par une personne qui m’avait été recommandée par une amie. J’y ai trouvé une déconcertante vision du monde dans un premier temps : on semblait pouvoir contrôler notre existence au travers d’intentions données à l’invisible de remettre de l’intégrité dans des systèmes, sur lesquels nous sommes légitimes à être souverains : nous, notre corps, notre maison, notre relation aux autres, notre voiture, nos plantes, notre chat (qui n’a pas une conscience suffisante a priori pour réguler l’occulte lui-même), etc. La règle, telle qu’elle m’avait été présentée à l’époque, était de ne toucher aux systèmes sur lesquels les autres sont seuls légitimes à être souverains qu’avec leur accord explicite. Tout ça se faisait avec un pendule, par une méthode de radiesthésie, consistant à mesurer des indicateurs sur des grilles et par l’intention lancée par le cerveau, une énergie venant de la personne qui intervient sur le vibratoire donc.

Les systèmes en question m’avaient été présentés comme imbriqués les uns dans les autres, donc interdépendants, uniquement au travers de cette imbrication « naturelle » qui résulte de la réalité des choses : l’intégrité de mon foie influe sur l’intégrité de mon corps par exemple.

L’idée principale derrière la méthode qui m’a été proposée était de remettre au niveau maximum de cohésion (mesurée en %) les systèmes sur lesquels nous exerçons légitimement notre souveraineté. Lorsque le système est à 100 % de cohésion, nous pouvons alors penser qu’il est à son maximum d’intégrité et que son évolution est optimale, c’est-à-dire que des opportunités bonnes pour lui se présentent naturellement à lui, sans qu’il ait à faire d’effort particulier. Il peut « lâcher prise » et se comporter avec spontanéité, a priori sans tomber dans une ornière, un piège, sans qu’il ait trop de problème, sous réserve qu’il ne soit pas en train d’évoluer trop fortement en parallèle. Autrement dit, un individu qui travaille déjà depuis quelques années, dont le travail ne change pas radicalement de nature en ce moment et qui met son travail à un niveau de 100 % de cohésion régulièrement a théoriquement de bonnes chances d’être efficace et productif, de travailler dans la bonne humeur, d’être satisfait et de donner satisfaction à ceux pour qui il travaille. Le monde paraissait alors relativement simple, au vu de cette théorie. Il semblait suffire d’une chose pour ne pas avoir de problème, tant que les systèmes ne sont pas en train d’évoluer : les remettre suffisamment souvent en cohésion maximum.

J’étais alors ce que j’appelais à l’époque une « athée », avec une vision du monde matérialiste, mais consentant malgré tout à envisager qu’il y a quelque chose de « magique » derrière le fonctionnement de la nature et probablement une forme de conscience collective, quelque chose d’invisible, qui fait que nos idées circulent sans qu’on s’en aperçoive, que les effets « boule de neige » existent bel et bien et que celui qui amorce quelque chose a toujours plus de travail que ceux qui prennent la suite, par un phénomène invisible que je ne m’expliquais pas rationnellement, mais dont j’avais l’intuition et pas eu beaucoup de doute. Bref, j’étais un peu agnostique, mais ne me l’avouais pas complètement. L’existence de Dieu était un sujet qui ne me paraissait pas la peine d’être débattu, devant l’inconséquence des actes humains, la désorganisation collective, le caractère vain de la plupart des entreprises humaines… comment un Dieu pouvait-il présider à ce non-sens et à la violence qui règne entre les humains ? Il y avait pourtant quelque chose d’indéniablement magique sous mes yeux, dans le fonctionnement de la nature, dans certaines interactions ou coïncidences, certains événements surgis « juste à temps », qui nous ébahissent de pertinence et d’à propos de temps en temps. Cette rencontre avec le vibratoire m’avait fait dire que c’étaient les remises en intégrité à petite échelle qui devaient expliquer cette petite magie, noyée dans l’océan de l’absurde. J’avais l’impression que nous devions vider l’océan à la petite cuillère, collectivement, pour espérer un jour ou l’autre arriver à une forme d’harmonie collective. J’étais donc comme avant face à l’idée que changer profondément ce monde était une utopie.

J’essayais de me maintenir au mieux dans ce système, sans arriver à changer grand-chose à mon destin, qui ne me satisfaisait pas, en particulier au sujet de mes relations aux autres, toujours tellement compliquées à faire tenir dans le temps et à trouver réjouissantes. Je cherchais depuis des années à comprendre pourquoi j’avais toujours la sensation qu’on cherchait à prendre le pouvoir sur moi, à un moment ou à un autre. Je travaillais sur moi et sur mes relations, par la psychologie et par le vibratoire. L’objectif était vraiment pour moi de mieux coexister avec les autres, mes amis, mes collègues, etc. J’ai fonctionné comme cela pendant trois ans, jusqu’à la fin 2022, essayant de réguler les choses pour moi et me souciant peu de l’impact collectif de tout cela, puisque je suivais cette règle qui m’avait été donnée et qui me paraissait logique, de n’intervenir que sur des systèmes sur lesquels j’étais légitimement souveraine.

Un jour, après avoir beaucoup trop eu de difficultés personnelles par rapport à l’effort fourni pour réguler le vibratoire de mes systèmes et trouvé, dans l’analyse que j’en faisais, des mémoires qui correspondaient à des choses qui n’avaient a priori pas grand-chose, voire rien à voir avec moi, j’ai fini par comprendre qu’il y avait un autre mécanisme à l’œuvre, dont personne ne m’avait vraiment parlé (j’avais entendu une fois le mot prononcé, par une personne que j’avais questionnée) : l’implantation. Les mémoires d’un système peuvent être implantées dans un autre, induisant un déplacement de la vibration d’un système dans un autre. Cette implantation permet de faire changer instantanément l’état vibratoire d’un système. Ceci expliquait pourquoi je retrouvais l’état de mes systèmes drastiquement changés du jour au lendemain, avec des états de cohésion très faibles la plupart du temps, alors que je les avais maintenus en haut la veille et qu’il ne s’était pas passé de drame sur le sujet entre temps.

J’ai fini par comprendre qu’un certain nombre de personnes implantaient très régulièrement les systèmes qui me concernent : mon travail, mes relations amicales, mes amis aussi, tout ce à quoi je touchais de près ou de loin. J’ai compris aussi qu’en remettant mes systèmes à l’état d’intégrité maximum régulièrement, je supprimais des implants sans m’en rendre compte, mais aussi les mémoires associées, modifiant durablement l’état global des systèmes qui m’envoient ces mémoires, mais aussi l’état de systèmes plus collectifs. Pourquoi étais-je régulièrement attaquée dans l’occulte par des gens que je connaissais à peine, voire pas du tout ? J’ai fini par comprendre que tous les systèmes étaient implantés mais à des degrés moindres que les miens en général et que certains implants étaient très anciens, faits avant ma naissance et donc en quelque sorte « hérités ». J’en ai déduis qu’il s’agissait de ce qu’on appelle, dans plusieurs cultures, le « karma ». Ce cheminement intellectuel m’a pris plusieurs semaines.

Les implants définissent donc un état de cohésion « absolue » d’un système, qui influe très fortement sur l’état de cohésion instantané, même si les deux peuvent différer. J’ai observé qu’on me remettait systématiquement à de très bas niveaux de cohésion absolue, de quelques pourcents et que certains personnages de l’État et certaines personnes autour de moi étaient systématiquement à de hauts niveaux de cohésion absolue, proches de 100 %. J’en ai déduit qu’il s’agissait d’un ordre quasiment immuable, auquel on nous ramenait toujours, pour définir une hiérarchie entre les individus, certains ayant acquis le privilège d’être en haut niveau de cohésion, par leur influence sociale et d’autres étant systématiquement remis en bas, pour ne pas avoir accès aux choses naturelles de la magie de la vie : les belles opportunités qui se présentent spontanément, les coïncidences heureuses, les propositions d’emploi qui tombent à pic, etc.

Dans cet ordre, j’étais donc en bas… Je n’ai pas décidé d’arrêter de me « remonter » artificiellement, car je vivais des choses très difficiles et j’avais peu d’espoir d’en sortir en restant en bas. J’ai donc mis en place une procédure qui combinait mon approche d’avant (agir sur le vibratoire) et ma découverte récente (agir sur les implants en les déplaçant), toujours en restant centrée sur moi, avec en particulier pour objectif de trouver un nouvel emploi pour arriver à déménager d’une région dans laquelle je ne voulais plus vivre. J’ai fini par arriver à changer de région, à trouver un emploi d’abord, puis un logement au bout d’un an. J’ai emménagé en novembre 2023 après avoir cherché un logement pendant presque 6 mois, allant de logement provisoire en logement provisoire. Et j’étais toujours quotidiennement remise en basse cohésion absolue dans l’occulte. Ce « manège » a cessé quelques mois après mon emménagement dans ma maison. On a décidé de me laisser être en haut de l’ordre, enfin… Toutefois, mes autres systèmes sont toujours quotidiennement implantés, par des gens plutôt malveillants pour la plupart.

Que s’est-il passé entre temps ? Petit à petit, j’ai étendu mes objectifs, qui au début ne portaient que sur mes contraintes personnelles, en me rendant compte du rôle majeur que jouaient les hommes et les femmes politiques de ce pays et les agents des ministères dans ces implantations. Au delà des personnes autour de moi, j’étais notamment régulièrement implantée par le ministère de l’Intérieur et par des membres du gouvernement français, mais d’autres pays également. Je reste volontairement évasive sur ce que j’ai constaté, mais le rôle joué par les services secrets et la franc-maçonnerie dans cette histoire ne me laissent aucun doute. J’ai donc inclus dans mes objectifs de régulation de l’occulte et du vibratoire, un objectif de retour à la démocratie dans les pays concernés, car il s’agit pour moi d’une violation claire des libertés individuelles, voire des droits humains. Je n’arrivais pas à obtenir grand-chose de plus, si ce n’est un peu plus d’agressivité collective à mon égard. En août 2023, j’ai lâché tous mes objectifs, individuels et collectifs et m’en suis remise uniquement à une idée abstraite de Grand Tout, réunion de tous les systèmes matériels et immatériels. J’ai cherché à optimiser le fait que le Grand Tout aille vers la vie… ce fut compliqué aussi, j’étais encore plus attaquée personnellement, je ne dormais plus et mon organisme était quotidiennement implanté, avec des conséquences physiologiques visibles, mais je voyais poindre dans l’occulte des appels à des changements positifs pour la collectivité, la planète, l’Univers même… Là j’ai fini par comprendre que ma capacité à implanter et désimplanter, que je laissais aller, sans conscience détaillée des systèmes qu’elle impactait, vers l’objectif que le Grand Tout dans lequel nous vivons aille vers plus de vie, allait toucher des implants très anciens (plusieurs millénaires) et des systèmes assez gigantesques (comme l’Univers). J’ai compris que j’étais probablement attaquée personnellement pour cette capacité un peu particulière à aller chercher des implants très profonds que d’autres n’arrivent pas à atteindre. On a probablement peur que je fasse changer fortement les choses en régulant l’occulte. Alors pourquoi m’a-t-on amenée, très probablement sur incitation d’une personne de la franc-maçonnerie, à me former à toucher au vibratoire ? Les raisons restent difficiles à cerner exactement. Probablement qu’on a eu envie de faire de moi quelqu’un qui implante et désimplante pour contrôler la politique et qu’on s’est aperçu finalement que je n’agirais pas pour ça, puisque j’ai refusé de prendre parti par l’occulte pour telle ou telle organisation politique depuis le début de cette histoire…

Quand les cheveux (symbole de la capacité à agir sur l’occulte) nous emprisonnent… par un sculteur breton anonyme.

J’ai fini par remettre un objectif d’optimisation des systèmes sur moi, en second, après le Grand Tout, plusieurs mois après avoir trouvé mon logement, après avoir subi des difficultés supplémentaires avec l’administration française, avoir plusieurs fois comme par le passé été suivie en voiture avec agressivité et avoir eu une tentative d’effraction dans mon logement, ainsi que de très probables intrusions dans ma maison sans effraction, avec des objets déplacés pour me montrer qu’on est capable d’entrer, probablement avec un passe. Depuis quelques mois, la situation s’est un peu améliorée sur ces points là, mais je suis toujours régulièrement implantée dans mon corps, avec des désagréments physiques, que je maintiens dans les limites de l’acceptable par une vigilance quotidienne.

J’ai agi seule, sans soutien politique, sans alliance avec aucune loge de franc-maçonnerie. Je n’ai jamais été contactée, mais les menaces et les emails et signes étranges faits par certains individus me font savoir que de nombreuses personnes sont au courant de cette situation. Toutes les personnes à qui j’ai essayé de parler de cela ont nié être au courant, même si je suis intimement convaincue que la plupart savent quelque chose sur cette situation. Les deux personnes qui m’ont formée à l’invisible m’ont trahie d’une manière ou d’une autre, notamment en m’implantant pour me nuire et en ne m’informant pas de l’existence des implants.

Je continue de réguler l’occulte et le vibratoire, dans un objectif avant tout collectif et en second lieu pour me sortir de situations personnelles encore difficiles. J’espère sincèrement continuer à contribuer avec d’autres à ce que cet ordre occulte n’ait plus court et que chacun puisse réguler son occulte, sans être attaqué par des personnes prétendant régir nos opportunités relationnelles, professionnelles, etc. pour les maintenir dans un carcan qui nous empêche d’évoluer individuellement et collectivement vers une société plus humaine.

Beaucoup de choses ont changé dans ma vision de l’existence et de Dieu suite à cette expérience. Je crois désormais qu’il y a un Dieu au dessus de nos têtes, mais un Dieu qui nous donne collectivement le pouvoir sur nos existences, nous guide et nous met également à l’épreuve au travers de nos expériences de vie et de nos interactions avec lui par l’occulte. A mon sens, il s’agit d’une mise à l’épreuve individuelle, mais aussi collective, à trouver un sens à nos existences sans nuire au sens collectif et au sens de tout un chacun. Il ne nous donne pas de réponse valable de tout temps, en toutes circonstances, mais des réponses qui correspondent à une situation donnée, tenant compte des forces et des résistances en présence. Autrement dit, Il ne doit pas nous imposer un mode de vie en tant que tel, mais nous aider à trouver une manière d’être au monde qui nous insère dans le collectif du vivant, en nous permettant d’évoluer dans une relative harmonie. Aller contre cette logique, comme le fait notamment le satanisme, c’est aller contre sa propre vie en détruisant l’harmonie collective nécessaire pour que chacun trouve une place, un épanouissement… Ce discours est encore peu entendable dans le climat de violence et de valorisation extrême des logiques de domination du monde dans lequel nous nous trouvons, mais je m’y risque. L’imprégnation sataniste de la culture que nous appelons « occidentale » (avec un certain flou de définition) est à mon sens gigantesque et c’est contre ce fond culture et religieux que j’essaie de lutter aujourd’hui.

Merci d’avoir lu ce récit jusqu’au bout.

Quelques liens

Living-room, Paris Combo, 1999
Nous sommes tous nés d’amour dans ce vieux pays
Où seuls de vieux, de très vieux singes sont assis
Aux commandes de nos libertés
Aux manettes de nos intégrités
Alors, tapons-nous sur le nez
Ça les fait toujours rigoler
Allez, tapons-nous, entre nous
Ça leur fera toujours de gros sous
Quand ils nous vendront des canifs
Et des idées malsaines
Pour que nos petites vies s’enfouissent
Dans la violence et la haine
Alors quoi, on va coucher dehors
Sous les ponts, sous des ponts d’or
Que d’autres auront construits pour aller de leur cuisine
A leur living

Living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room des vieux singes savants
C’est le living, living, living, living room
C’est pas du flan, c’est le living room
C’est pas du vent, c’est le living room
Nous sommes tous nés, mon ami
Nous sommes tous vivants, c’est inscrit
Dans notre œil, tu vois, au fond ça luit
D’une envie de vivre, d’une envie
De parcourir le monde
Cette bonne terre si gironde
Mais non, mais non, voilà qu’on nous gronde !
Car sans laisser-passer
Faut pas se laisser aller
A rêver d’une autre vie, mon ami,
Non, faut pas rêver
Car pour rêver, faut des «laisser-passer»
Du papier, pour passer sa vie
De l’autre côté du pont,
Des ponts d’or, dehors
Y en a des tonnes, c’est pas qu’on les ignore
Car on les voit souvent passer de leur cuisine
A leur living
Living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room des vieux singes savants
C’est le living, living, living, living room
C’est pas du flan, c’est le living room
C’est pas du vent, c’est le living room
Voilà comment, quand on y pense
Nous sommes tous devenus des éléphants
Des gnous, des girafes, des orangs-outangs
Dans nos réserves sous surveillance
Et qu’on n’aille pas s’égarer
En troupeau ou bien tout seul, isolé
Dans les réserves d’à côté

On est sûr de tomber sur un os
Un ostéopathe de première
Qui vous démembrera, c’est son affaire
De vous faire passer l’envie
Des voyages interdits
Interdits dans nos vieux pays
Où seuls de vieux, de très vieux singes sont assis
Dans leur cuisine, ils gambergent
Pour améliorer leur living
Living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room, des vieux singes savants
C’est le living, living, living, living room
C’est pas du flan, c’est le living room
C’est pas du vent, c’est le living room

Les singes assis aux commandes de nos libertés… se prennent pour des antennes-relais pour tout savoir sur nos vies. Et tout cela, n’a l’air d’être qu’un jeu pour eux.

Pour tout vous dire…

Des réactions stéréotypées, un rôle dans lequel on m’attend… et je n’y arrive pas, moins qu’avant, mais si peu… je dois réagir, paraît-il… refuser l’inacceptable, dire mon indignation, témoigner… vraiment ? Pour savoir qui je suis, politiquement, sexuellement, socialement, professionnellement, mais je ne sais pas vous dire tout ça… je suis là où j’étais hier… et avant-hier, un peu moins, mais tellement imperceptiblement. Et puis, je ne vous ai pas pris pour compagnons, je n’ai pas accepté de vous laisser entrer chez moi par la porte de l’amitié, je garde toutes ces confidences sur ce que je sais de ce que je suis pour d’autres, qu’est-ce que vous faites là ? Déjà là, je m’indigne et je me sens au théâtre… pourquoi dois-je vous expliquer tout ça pour que vous m’entendiez vous dire “NON” ?

Si je décidais de parler de la façon dont j’aperçois le monde, ça ne serait certainement pas sous l’insistance de vos regards, de vos questions ou de vos sollicitations. Ce serait parce quelque chose au fond de moi m’a fait réagir ou plutôt désirer… avoir envie, ce que vous cherchez depuis toujours à tuer avec vos provocations.

Pourquoi je suis là ? Et bien, je suis arrivée dans ce coin du monde pour me réfugier un jour où, ailleurs, la vie d’alors m’avait malmenée. Personne ne m’a vraiment dit que je n’en avais pas le droit, alors je suis restée. Certains m’ont provoquée pour « savoir qui j’étais » et me faire penser avec insistance que peut-être ce n’était pas ma place… je ne sais pas ce qu’ils ont su de plus sur moi comme cela, mais je suis là désormais, fondue dans le décor. Je crois qu’en dehors de vos sollications de mon entourage, je ne dérange personne autour de moi, alors pourquoi mettez-vous votre grain de sel dans cette situation ?

Vous voulez me forcer à me dévoiler, pour trouver une raison de me faire la guerre. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous aimez la guerre… c’est le sel de vos vies. Vous feriez la guerre pour n’importe quoi, même pour m’imposer le pacifisme s’il m’arrive de me rebeller contre quelque chose qui m’épouvante. J’ai choisi une autre manière d’interagir avec le monde.

Ne m’en veuillez pas, mais je n’ai rien d’autre à vous dire…

Comment contester les résultats d’une élection en France ?

La lutte contre la fraude électorale passe avant tout par la présence de citoyens dans les bureaux de vote pendant l’élection. Voici comment se passe les opération électorales actuellement en France. Les voix sont comptées de trois façons :

  • sur l’urne, avec un compteur qui est activé à chaque vote, par un taquet actionné par un des assesseurs : normalement un coup est donné sur le taquet pour introduire chaque enveloppe dans l’urne. Toutefois, il peut y avoir une fausse manipulation (essai du système par un assesseur inexpérimenté, enveloppe coincée, etc.) qui induit un écart de quelques unités à la fin de la journée entre le nombre d’enveloppes dans l’urne et le compteur. A la fin, le compteur doit toujours indiquer plus que le nombre d’enveloppes dans l’urne ;
  • par le nombre d’enveloppes dans l’urne, qui sont comptées une première fois à l’ouverture de l’urne, avant tout dépouillement, puis une seconde fois au dépouillement où les voix attribuées aux différents candidats sont comptées par quatre personnes (une qui déclame les bulletins trouvés et trois qui notent et déclament également toutes les 10 voix le nombre de bulletins comptés par candidat) ;
  • par la liste d’émargement.

Pour avoir observé le processus récemment, voici à mon sens où se situent les possibilités de fraude dans les pratiques actuellement en vigueur :

  • Le fait que les trois personnes qui comptent disent tout haut les dizaines peut induire une entente entre les trois personnes, avec une personne parlant un peu avant les autres et les deux autres qui suivent, anticipant ou retardant l’annonce d’une dizaine pour minimiser ou maximiser le nombre de voix. Si personne n’est attentif en parallèle, notamment si aucun scrutateur n’est venu s’ajouter sans prévenir aux personnes prévues par les municipalités pour dépouiller, il est possible que des fraudes se produisent à ce moment là, faisant passer des votes d’un candidat à un autre.
  • La liste d’émargement n’est comptée que par une personne. On est ensuite censé retrouver le nombre de votants en comptant les enveloppes sorties de l’urne. Si le compte de la liste d’émargement a lieu à l’écart de l’assistance, sans que l’intervenant soit vu des autres personnes qui assistent au dépouillement, il est possible d’ajouter des votants artificiellement, pour faire tomber juste le compte à la fin si un « bourrage d’urne » a eu lieu pendant la journée. Il suffit donc de la complicité de trois assesseurs ayant tenu le bureau de vote quelques heures dans la journée et de la personne qui compte la liste d’émargement pour couvrir une fraude par augmentation artificielle du nombre de votants.

Face à ces deux situations de fraudes potentielles, les remèdes paraissent a priori assez faciles à mettre en œuvre :

  • Avoir des scrutateurs (plusieurs pour éviter les inattentions, notamment en fin de dépouillement) pour chaque bureau de vote, et là… c’est à la mobilisation citoyenne d’agir et contester les opérations de votes non-conformes en faisant inscrire les irrégularités au procès-verbal de dépouillement du bureau de vote. La contestation des opérations de vote peut toujours se faire le jour de l’élection, par n’importe quel citoyen ayant assisté à l’opération et faisant porter au procès-verbal sa réclamation, dans un bureau de vote de sa circonscription.
  • Que quelques personnes qui n’ont pas pu ou voulu aller voter fassent la démarche d’aller consulter la liste d’émargement a posteriori, pour vérifier que personne n’a voté à leur place ou que des personnes qui ont voté ou non se déplacent pour recompter le nombre de signatures et vérifier qu’elles correspondent au nombre de votants du bureau de vote (dans le procès-verbal de dépouillement) et qu’elles vérifient que la somme des votants inscrits sur les procès-verbaux de la commune correspond bien au total de votants pour la commune, diffusé sur Internet par le Ministère de l’Intérieur [1].

Concernant les contestations post-scrutin, voici les modalités à respecter pour les différentes élections en France :

ÉlectionsPendant le délai de recours contre l'électionAprès
MunicipalesQui ?
Les personnes inscrites dans la commune
Auprès de qui ?
En complément des réclamations qui peuvent être consignées au procès-verbal le jour de l’élection, il est possible d’adresser une réclamation à la sous-préfecture ou préfecture. Elle est alors immédiatement adressée au préfet qui la fait enregistrer au greffe du tribunal administratif.
Quand ?
La date limite de réception de la requête par le tribunal est le 5ème jour après l’élection, à 18 heures.

Cf. articles L248 [9], R70 [13] et R119 [11] du code électoral
Communication des procès-verbaux sous le régime du code des relations entre le public et l'administration
DépartementalesQui ?
Les personnes inscrites dans le canton
Auprès de qui ?
En complément des réclamations qui peuvent être consignées au procès-verbal le jour de l’élection, il est possible d’adresser une réclamation à la sous-préfecture ou préfecture. Elle est alors immédiatement adressées au préfet qui la fait enregistrer au greffe du tribunal administratif.
Quand ?
La date limite de réception de la requête par le tribunal est le 5ème jour après l’élection, à 18 heures.

Cf. articles L248 [9] et R113 du code électoral [10]
RégionalesQui ?
Tout électeur de la Région, le préfet de Région s’il estime que les formes et conditions légalement prescrites n’ont pas été respectées
Quand ?
Dans les 10 jours qui suivent la proclamation des résultats
Auprès de qui ?
Le Conseil d’Etat

Cf. article L361 du code électoral [12]
LégislativesQui ?
Toutes les personnes inscrites dans la circonscription
Quand ?
Dans les dix jours qui suivent l’élection, pendant lesquels sont accessibles au citoyen les procès-verbaux de l’élection et l’acte de naissance ainsi qu’un extrait de casier judiciaire du candidat élu, ainsi que de ses suppléants (en mairie probablement, même si le texte ne le précise pas).

Cf. Chapitre VI, article 32 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel [1].
Les procès-verbaux sont versés aux archives départementales et ne peuvent plus, ensuite, être communiqués qu’au Conseil constitutionnel

Cf. article 32 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel [14], auquel renvoie l’article LO. 179 du code électoral
PrésidentiellesQui ?
Le préfet ou les candidats
Quand ?
Dans les 48 heures qui suivent la clôture du scrutin
Auprès de qui ?
En déférant au Conseil Constitutionnel les opérations électorales présumées frauduleuses.

Cf. titre IV - article 30 du décret n°2001-213 du 8 mars 2001, portant application de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République au suffrage universel [2] [3].
Communication des procès-verbaux sous le régime du code des relations entre le public et l'administration
EuropéennesQui ?
Toutes les personnes inscrites dans le pays
Quand ?
Dans les 10 jours qui suivent la proclamation des résultats
Auprès de qui ?
Conseil d’État

Tout électeur peut également intenter à tout moment une action devant le Conseil d’État en vue de faire constater la situation d’incompatibilité dans laquelle se trouve un représentant au Parlement.

Malgré cette apparente simplicité, il me semble qu’il y a quelques obstacles à la mise en oeuvre d’une telle contestation, dans le cas où une fraude est constatée ou simplement suspectée, au vu des résultats qui ne semblent pas correspondre à l’état de l’opinion publique (sondages, etc.).

  • Globalement, les opérations électorales ne peuvent pas être contestées par les partis politiques, les associations ou les personnes publiques, maximisant ainsi l’exposition des individus à des représailles lorsqu’ils dénoncent des fraudes électorales.
  • Les médias n’incitent pas à de tels recours. Par exemple, Le Monde [4] nous explique au sujet des législatives de 2022, qu’il n’est plus possible de refaire de décompte après le scrutin parce que les bulletins ont été détruits. Il est vrai qu’il n’est plus possible de recompter les bulletins en eux-mêmes, par contre vérifier que les votants qui ont émargé correspondent bien à des personnes qui ont effectivement voté est possible.
  • Même si le ministère de l’Intérieur publie désormais le résultat des élections sur Internet [5], il n’est pas possible, sans être un programmeur informatique averti, d’éditer facilement un tableau avec les résultats de plusieurs circonscriptions, d’analyser plus en détails a posteriori le résultat des élections en examinant des évolutions temporelles ou en comparant les résultats entre les deux tours d’une même élection. Nous gagnerions un sentiment d’honnêteté du système électoral si nous étions libres de réaliser ces analyses, à partir de fichiers texte regroupant les résultats de chaque élection qu’il serait facile d’analyser dans un tableur, dans une base de données, etc. comme c’est le cas de la plupart des données publiques diffusées notamment sur le site data.gouv.fr [6].
  • Les résultats sur Internet [5] ne sont pas accessibles à l’échelle du bureau de vote, seule échelle à laquelle les informations sont connues sans ambiguïté des participants au dépouillement. Il faut aller en mairie pour y accéder.
  • La procédure pour consulter les listes d’émargement est assez contraignante, puisqu’on doit au préalable se renseigner de l’endroit où elle se trouve et éventuellement se rendre dans un lieu un peu éloigné de chez soi pour y accéder, dans un délai contraint. L’accès aux procès-verbaux pour les élections législatives rendu impossible aux citoyens au-délà du délai de recours contre l’élection (10 jours) semble difficile à justifier dans une optique démocratique.

Références

[1] https://www.conseil-constitutionnel.fr/fondements-textuels/ordonnance-n-58-1067-du-7-novembre-1958-portant-loi-organique-sur-le-conseil-constitutionnel

[2] https://presidentielle2022.conseil-constitutionnel.fr/le-vote/les-recours/qui-peut-exercer-un-recours-contre-les-operations-electrorales.html

[3] https://presidentielle2022.conseil-constitutionnel.fr/textes-de-references-et-textes-applicables/textes-de-reference/decret-n-2001-213.html

[4] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/06/21/legislatives-2022-les-candidats-battus-a-quelques-voix-pres-peuvent-ils-demander-un-recomptage_6131439_4355770.html

[5] https://www.resultats-elections.interieur.gouv.fr

[6] https://www.data.gouv.fr

[7] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000027572205?isSuggest=true

[8] https://www.isere.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Citoyennete/Elections/Elections-politiques/Presidentielle/Consultation-listes-d-emargements

[9] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006353588

[10] https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000028112224

[11] https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006354723

[12] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006354026

[13] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006354580

[14] https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000023882783

Les cantons, le Département et le Sénat

Les cantons sont les périmètres administratifs utilisés depuis la Révolution Française pour élire les conseillers généraux (puis départementaux récemment). Ils présentent la particularité d’avoir beaucoup évolué dans le temps.

Comment se sont mis en place les cantons après la Révolution française ?

Pendant la Révolution, c’est l’assemblée nationale constituante qui a décidé des chefs-lieux de département et de district (ancien nom des « arrondissements départementaux », jusqu’en 1800 [5]), de leurs limites et du nombre de cantons par district. La définition du tracé des cantons est ensuite confiée à des locaux, des commissaires nommés parmi les notables (médecin, maire, président du parlement régional, etc.). Elles sont au départ des circonscriptions strictement électorales, leur chef-lieu étant l’endroit où devront se réunir les assemblées primaires chargées de construire l’administration départementale. La règle nationale est de découper le territoire en 83 départements, formés en général de 9 districts, eux-mêmes subdivisés en 9 cantons. La constitution indique qu’il ne doit pas y avoir plus de 10 km entre la commune la plus éloignée et le chef-lieu de canton et qu’ils doivent comporter environ 5 500 habitants [1]. Ils sont généralement construits autour d’un centre, avec un relai de poste, une agence fiscale, un marché, une foire, un ressort judiciaire… mais ne possèdent pas de cadre administratif, ni de budget, ni de pouvoir élu, à part celui de la municipalité du chef-lieu. Électoralement, il s’agit d’un niveau intermédiaire, qui permet d’élire des grands électeurs, (50 000 sur 4,3 millions de citoyens actifs) qui désignent ensuite les hauts fonctionnaires de l’État [2].

Source [1]

Les chefs-lieux semblent au départ choisis sans logique évidente, ni corrélation avec l’emplacement des marchés, ni en lien avec le tracé des circonscriptions religieuses de taille comparables que sont les doyennés. Certains cantons sont minuscules, composés de deux petites communes uniquement, parfois même non limitrophes ou avec une enclave au milieu. Les commissaires plaident à l’époque pour l’erreur cartographique lors de la création des cantons.

Entre 1790 et 1804, le nombre de cantons varie chaque année, suite à des demandes de la population, pour tenter de créer des cantons plus conformes à leurs attentes en termes de participation à la démocratie naissante, autour de la création des assemblées primaires et de la justice de paix qui se rend à cette échelle. La religion est encore étroitement liée à la république naissante, puisque les commissaires sont parfois curés et maires et qu’on essaie autant que possible de tenir compte de la vie des paroisses situées dans les cantons et de leurs habitudes d’être ou non en relation. Le canton devient un espace de vie et plus seulement une circonscription électorale. La présence dans le canton de territoires urbains et ruraux amène parfois à avoir deux juges de paix ou deux assemblées primaires dans un même canton. Après une période de revendications nombreuses de la population pour faire évoluer les limites de cantons, le XIXème siècle se caractérise par une quasi-absence de modification des limites cantonales, les nouveaux enjeux revendicatifs de la population portant plutôt sur la détention de services publics dans chaque canton (perceptions, brigades de gendarmerie…) [1]. Le canton devient un territoire de vie rural, avec du personnel administratif qui lui est rattaché et un rôle important joué par les notables dans la vie politique locale [3]. Il constitue depuis 1833 l’échelon d’élection des conseillers départementaux. Même si les auteurs de [3] font remarquer que « les élections cantonales se signalent […] par une remarquable continuité, en particulier sous le rapport du mode de scrutin – uninominal à deux tours », le dessin des cantons varie lui de façon importante d’une élection à l’autre, sans qu’il soit facile de déterminer exactement quelles sont les stratégies à l’œuvre derrière ces modifications. Depuis 1848, on élit les conseillers généraux (ou départementaux plus récemment) au suffrage universel [3].

Depuis la fin du XIXème siècle, la métropolisation et la révolution des télécommunications, ainsi que la professionnalisation du métier d’élu et le développement des partis politiques organisés changent le rapport des citoyens au canton et induisent progressivement la disparition du rôle des notables. Le canton apparaît comme périmé après la seconde guerre mondiale, lorsque cette situation se généralise et que d’autres échelles territoriales sont mises en place ou consolidées (l’arrondissement départemental, puis l’agglomération). Les bourgs-centres, chefs lieux de canton, n’exercent plus de fonction économique, n’ont plus de singularité sociale revendiquée par les élus et ne contribuent donc plus de façon déterminante à structurer les territoires ruraux. [3]

Évolutions depuis la Révolution

« En 1801, la France Métropolitaine comptait 3066 cantons ; en 2004, elle en avait 3863 […]. En l’espace de 203 année, le nombre de cantons a donc augmenté de 20 %, ce qui est loin d’être négligeable. […] On compte donc plus d’un millier d’événements entraînant des modifications dans la forme des cantons en 200 ans : échanges de communes ou divisions de canton en deux ou plusieurs cantons – à noter que cette estimation ne comprend cependant pas les changements de chef-lieu. Nombreux sont les historiens à savoir que Paris a annexé les communes de sa périphérie en 1860, tandis que les études traitant des conséquences de ces annexions sur les cantons d’origine de ces communes font défaut. » [6]

Depuis 1960, le rythme des changements s’est même accéléré. « En l’espace de quarante années, 733 cantons ont ainsi été créés sur le territoire métropolitain, soit plus de 18 par an. Quant aux changements territoriaux, au cours de la période qui court de 1966 à 1999, la moyenne des interventions était supérieure à 16 cantons par an. La fixité du canton est donc révolue et les changements sont actuellement très nombreux, faisant du canton l’une des circonscriptions les plus changeantes, ce qui, curieusement, n’affecte aucunement l’image de stabilité quasi éternelle du canton. »

Evolution du nombre des cantons, 1801-1999 – Source [6]

Certains cantons, plutôt ruraux, toutefois ne bougent pas du tout (par exemple, Bretagne Centrale, région de Niort ou Landes). Ils s’opposent aux cantons urbains, plus petits, moins bien connus de la population résidente et beaucoup moins stables dans le temps [6].

Les logiques de regroupement ou de division de cantons aboutissent à des mises en valeur ou à des déclassement de certaines communes. Un travail a été fait pour analyser l’impact des modifications cantonales sur l’évolution des superficies dans [6], qui ne nous permet pas de bien comprendre les logiques électorales sous-jacentes, puisque cette analyse n’est pas ramenée à la population.

Les réformes de décentralisation initiées en 1982 et 1983 en France ne remettent pas en cause la structuration du territoire en canton, mais transfère massivement des compétences de l’État vers le Département. A partir de ce moment là, les politiques gérées par le Département se sont exercées préférentiellement à l’échelle supra-cantonale, laissant progressivement cet échelon du canton uniquement comme circonscription électorale. A partir des années 1990, il n’y a plus eu de répartition au canton des crédits départementaux et plus non plus de régulation des rapports entre les notables et l’administration à cette échelle. Il en résulte l’idée d’une disparition de l’un des socles de légitimité du notable, son territoire.

Cantons modifiés entre 1801 et 1999 : perspective diachronique, source [6]

Depuis 1999 et les lois promulguées pour l’aménagement du territoire et l’organisation de la coopération intercommunale, d’autres périmètres sont apparus, intermédiaires entre la commune et le département : pays, agglomérations, parcs naturels régionaux et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), nuisant probablement à la lisibilité de l’action publique et laissant le canton avec pour seule fonction d’être une circonscription électorale.

Pourtant, les périmètres de canton continuent d’évoluer. On voit ci-dessous leur évolution lors des trois dernières campagnes d’élections cantonales sur le territoire de l’Île-de-France et sur les communes autour de Dourdan dans l’Essonne. Sans connaître l’histoire politique des territoires concernés, il est impossible de comprendre toutes les raisons de ces modifications, mais on voit que la logique n’est pas uniquement un regroupement progressif des cantons, qui deviendraient de plus en plus gros, ou au contraire de subdivisions de ceux-ci, mais bien un remodelage à chaque élection, probablement en fonction des estimations des intentions de vote des administrés des différentes communes.

La récurrence de ces évolutions et leur caractère peu explicable par une logique globale nationale ne peut pas laisser penser à autre chose qu’à des logiques électorales, pour favoriser tel ou tel parti à un moment donné. Ces stratégies sont malheureusement connues dans d’autres pays, comme aux Etats-Unis, où on parle de “gerry-mandering” ou encore de charcutage électoral [7].

Illustration satirique du “gerry-mandering”, source [7]

Les élus départementaux et le Sénat

Les sénateurs sont élus pour 6 ans au suffrage universel indirect par environ 162 000 grands électeurs : députés et sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux [11]. Les seuls élus à une échelle sur laquelle il est facile d’influer sont donc les conseillers départementaux, puisque cette échelle n’est plus associée à aucune décision publique, à aucune instance adminstrative locale, ni à aucun budget public.

Depuis la loi organique n° 2014-125 du 14 février 2014, les sénateurs (et les députés) ne peuvent plus cumuler leur fonction avec un mandat exécutif local (maire, adjoint au maire, président de Conseil Départemental ou Régional ou d’EPCI), en revanche, ils peuvent conserver un seul et unique mandat de conseiller local (municipal, départemental ou régional) [8]. L’élection des conseillers départementaux est donc doublement stratégique pour le Sénat, avec y compris quelques candidats pouvant aspirer aux deux fonctions : conseiller départemental et sénateur, augmentant le risque de les voir, eux ou leur parti, essayer d’influencer la définition des cantons pour l’élection à laquelle ils participent.

La méconnaissance des citoyens de cette échelle administrative du canton, qui ne correspond plus à aucun territoire vécu et qui n’est plus associée à aucune procédure administrative, à l’exception des élections cantonales contribue à noyer les petits arrangements avec la démocratie qui peuvent être mis en place par des élus locaux, par des aspirants sénateurs ou par les partis politiques qui les soutiennent pour obtenir des sièges supplémentaires au Sénat. Le terme d’élections “cantonnales” fait lui-même perdre facilement de vue aux citoyens l’objectif de ces élections. De plus, le Sénat est la chambre parlementaire la moins connue, dans sa composition, ses missions et ses réalisations, puisque les sujets qu’elles traitent sont plus règlementaires, plus difficiles à appréhender par le citoyen, même si elles sont cruciales pour la démocratie. Cette question reste donc peu abordée dans les médias et trop peu connue des citoyens.

Enfin, on remarque que le site de l’IGN, dans son produit Admin Express, distribuait il y a quelques années les contours des cantons (utilisées pour réaliser les deux cartes ci-dessus), dans chaque millésime de données livré (étonnement, y compris les années au cours desquelles il n’y a pas eu d’élection cantonale…), mais que ça n’est plus le cas dans la version actuellement diffusée des données Admin Express [12]. Que cherche-t-on à cacher ?

Références

[1] Lagadec, Yann. « La formation des cantons en Bretagne : une représentation des territoires (1790-an IX) ». Le canton, un territoire du quotidien ?, édité par Jean-François Tanguy et al., Presses universitaires de Rennes, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pur.99960

[2] Bianchi, Serge. « L’expérience des cantons en milieu rural dans la décennie de la Révolution française : pertinence et problèmes d’une greffe électorale, judiciaire, militaire et administrative ». Le canton, un territoire du quotidien ?, édité par Jean-François Tanguy et al., Presses universitaires de Rennes, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pur.99963

[3] Jean Le Bihan, Plaidoyer pour une réhabilitation. Petit essai sur l’histoire du canton dans la France contemporaine, Le canton, un territoire du quotidien ?, édité par Jean-François Tanguy et al., Presses universitaires de Rennes, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pur.99954.

[4] Kaya, Alp Yücel. « Les commissions cantonales de statistique sous le Second Empire ». Le canton, un territoire du quotidien ?, édité par Jean-François Tanguy et al., Presses universitaires de Rennes, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pur.99984.

[5] District (subdivision départementale), Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/District_(subdivision_d%C3%A9partementale)

[6] Ozouf-Marignier, Marie-Vic, et Nicolas Verdier. « Le canton d’hier à aujourd’hui : étude cartographique d’un maillage ». Le canton, un territoire du quotidien ?, édité par Jean-François Tanguy et al., Presses universitaires de Rennes, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pur.100047

[7] Gerrymandering, Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Gerrymandering

[8] Principes des élections cantonales, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1958

[9] Le cumul des mandats électoraux, Ministère de l’Intérieur, https://www.persee.fr/doc/spgeo_0046-2497_1981_num_10_1_3599

[10] Liste des sénateurs exerçant une fonction locale, https://www.senat.fr/vos-senateurs/les-senateurs-exercant-une-fonction-locale.html

[11] Mode d’élection des sénateurs, Sénat, https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/role-et-fonctionnement/mode-delection-des-senateurs.html

[12] Admin Express, IGN, page de présentation du produit et de téléchargement des données, https://geoservices.ign.fr/adminexpress

Joan Baez – Farewell Angelina

Les paroles de Adieu Angelina ont été écrites par Pierre Delanoë / Robert Dylan et la musique composée par Robert Dylan.
Le titre Adieu Angelina a été enregistré en 1967.

Adieu Angélina les cloches de la couronne
Ont été volées à l’aube je les entends qui sonnent
Et je me dépêche je dois les rattraper
Adieu Angélina le ciel est en feu
Et je m’en vais

Ce n’est pas la peine d’en faire une affaire
Ce n’est pas la peine d’ameuter toute la terre
C’est une table vide sur le bord de la mer
Adieu Angélina le ciel a tremblé
Je dois m’en aller

Les rois et les reines quittent la basse-cour
Deux cents bohémiennes sont entrées à la cour
Dans la salle du tout, va, rien ne va plus pour moi
Adieu Angélina le ciel s’écroule
Je te verrai plus tard

Regarde ces pirates dans la Voie Lactée
Qui tirent sur des boîtes avec un canon scié
Les voisins applaudissent poussent des cris de joie
Adieu Angélina le ciel se décolore
Je dois me sauver

King Kong et les elfes vont danser sur les toits
De longs tangos typiques tandis que de leurs doigts
Des maquilleurs s’escriment à fermer les yeux de la mort
Adieu Angélina le ciel est trop sombre
Je dois m’échapper

Les mitrailleuses crépitent, les poupées mobilisent
Des bombes au plastic éclatent dans les églises
Appelle-moi comme tu veux je ne discute pas
Mais adieu Angélina le ciel se déchaîne
​Je vais chercher la paix

Haut-bas fragile, La maison Tellier

Laissez-moi loin des causes perdues, des compteurs qui s’affolent
On apprend à écraser notre prochain dès l’école
On observe nos petits comme des bêtes en cage
Dans le doute on se méfie, ils ont peut-être la rage

Laissez-moi dans l’état où vous m’avez trouvé

Laissez-moi me vautrer dans la gadoue, laissez, laissez
Comme un porc dans sa bauge ignorant des couteaux
Laissez-moi quelques secondes savourer l’image de mes os
Bouillant dans une marmite pour un festin de choix
Ceux qui aimaient ma musique auraient enfin un bout de moi
Je n’entendrai plus dire qu’elle était sympa
Ne parlez-pas de ma maîtresse, elle mérite mieux que ça

Épargnez-moi vos quelques larmes sur les drames de la solitude
Pour savoir qu’on finit toujours seul, pas besoin d’étude
Laissez-moi jouer sur le piano de quelque vieille grand-mère
Pas sûr que ça lui tiendra chaud quand elle sera six pieds sous terre
Et gardez-moi vos enfants tristes, vos petits crève-la-faim
Qui n’en finissent pas de mourir depuis trente ans au moins
Je n’arrive plus à m’indigner le cul dans un fauteuil
À porter devant ma télé un brassard en signe de deuil

Laissez-moi dans l’état où vous m’avez trouvé
Que je ne sois ni repris, ni échangé

Laissez-moi dans l’état où vous m’avez trouvé

Merci à ceux qui savaient d’avoir voulu m’expliquer
Mais j’étais d’un autre temps, vous aviez d’autres mœurs
Moi ce que j’aime vraiment, c’est la musique des ascenseurs
Pour l’échafaud mais oui, celle qui donne envie de vous pendre
Laissez-moi vous serrer la corde, puis laissez-moi descendre

J’avais si peu à dire qu’il fallait que je le chante
J’ai connu mieux que de grandir dans les années nonantes
Moi j’ai poussé sans trop de casse en évitant les gouttes
Et depuis j’exhibe ma carcasse le long des routes
D’un pays pour lequel au mieux je ne ressens plus rien
Ils ont un avis sur tout, eux, ils n’auront pas le mien
Et bien que Dieu les ait mis là, j’y suis, j’y reste

Désormais nul ne me verra chevaucher toujours plus à l’ouest
Je voyage sur des mers d’absinthe, te souviens-tu ma sœur
Que demain était plus beau, il était bien plus beau qu’ailleurs
Et d’ailleurs demain rangez-moi dans un carton sur une pile
Inscrivez dessus haut et bas, et sur mes pieds d’argile
À l’encre bleu roi à la bombe j’aimerais que l’on ajoute
“Les colosses se brisent quand ils tombent, prière de prendre soin d’Helmut”

Comme ils n’auront jamais été que mort et combat
Angoisse et cruauté, ce que je n’explique pas
C’est la joie qui parfois surgit et qui toujours m’enivre
La joie du simple fait de vivre
La joie du simple fait de vivre
La joie du simple fait de vivre

La joie!